22ème dimanche du temps ordinaire

Homélie du 22ème dimanche du temps ordinaire – année B – 2 septembre 2018

Lectures : Det 4,1-2.6-8      Ps 14     Jc 1,17-18.21b-22.27     Mc 7,1-8.14-15.21-23

                    Les textes nous invitent à regarder de près comment nous recevons la parole de Dieu et la mettons en pratique : la laissons-nous travailler, descendre en nous, construire en nous notre place de fils et fille bien aimée du Père ? ou bien notre cœur devient-il rigide, peureux, agité par des pensées perverses avec ses inconduites, débauches, orgueil et démesure……

                      Ce type d’examen de conscience rejoint la vigueur avec laquelle le Pape François écrit au peuple de Dieu le 20 août 2018. »Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui« . (1 Co 12,26) Il organise sa lettre en deux points :

  1. Si un membre souffre : « ces derniers jours est paru un rapport détaillant le vécu d’au moins 1000 personnes qui ont été victimes d’abus sexuels, d’abus de pouvoir et de conscience perpétrés par des prêtres pendant près de 70 ans..Avec honte et repentir nous reconnaissons que nous n’avons pas su être là où nous le devions. Nous avons négligé et abandonné les petits….Le cri du Cardinal Ratzinger le vendredi saint 2005 doit jaillir du plus profond de notre âme : « Seigneur, sauve-nous« . Les blessures des victimes ne connaissent jamais de prescription et nous devons redoubler d’efforts pour éradiquer cette culture de mort…
  2. Tous les membres souffrent. Le Pape François poursuit très loin son analyse. »La pénitence et la prière personnelle sont nécessaires mais ne suffisent pas. Nous avons à relever le défi en tant que Peuple de Dieu : nous voulons aujourd’hui que la solidarité entendue dans son acception plus profonde et exigeante, caractérise notre façon de bâtir le présent et l’avenir, en un espace où les conflits, les tensions et surtout les victimes de tout type d’abus puissent trouver une main tendue qui les protège et les sauve de la douleur. Cette solidarité, exige de nous que nous dénoncions tout ce qui met en péril l’intégrité de toute personne.

                   « Dire non à ces abus c’est dire non de façon catégorique à toute forme de cléricalisme : cette attitude déviante de concevoir l’autorité dans l’Eglise, cette attitude qui annule non seulement la personnalité des chrétiens, mais tend à diminuer et sous évaluer la grâce baptismale que l’Esprit a placée dans le cœur de notre peuple ». « Il est nécessaire que chaque baptisé se sente engagé dans la transformation ecclésiale et sociale dont nous avons tant besoin ».

                      Voila ce qui nous est demandé : vous trouvez ce texte sur le site ndanges33.fr ou à l’entrée de nos églises. Il vaut d’autant plus le coup de le connaître que nous devons faire aussi de notre secteur un lieu de solidarité et un espace où nous pouvons parler pour changer le système clérical qui engendre de tels crimes. Le journal La Croix de jeudi 30 août donnait 10 pistes pour changer le cléricalisme… C’est un bon dossier qui s’ouvre en ce début d’année. Il faut lancer toutes les activités de l’année (liturgie, jeunes, solidarité…)avec en toile de fond cette recherche de notre juste place de baptisé, que nous soyons laïcs ou clercs, homme ou femme, quelque soit notre âge… La venue d’Ashok comme jeune curé de 38 ans doit être aussi de relever le défi d’une église où chacun tient de l’Esprit Saint sa place de baptisé… Nous proposerons des espace pour la parole, la prière et le jeûne;

                  « Que L’Esprit Saint nous donne la grâce de la conversion et l’onction pour pouvoir exprime, devant ces crimes d’abus, notre compassion et notre décision de lutter avec courage. »

 

Claude Charvet sj