4ème dimanche du temps ordinaire

4ème dimanche du temps ordinaire – Année A – 29 janvier 2017

Lecture : Matthieu 5,1-12a

« Jésus s’assit et ses disciples s’approchèrent. »<

 

Acceptons-nous de prendre place parmi ces disciples ?

 

Ce n’est peut-être pas si aisé.

          car, à y regarder de près, si l’on se réfère à l’Évangile de dimanche dernier,

          ce sont des infirmes, des malades, des pêcheurs de poissons, des Galiléens mêlés.

Et plus loin, ce sont des gueux, des pouilleux,

          des lépreux, des paralytiques, des possédés,

        des prostituées, des collecteurs d’impôts véreux, des soldats corrompus…

Et plus loin encore, on peut ajouter ces autres que Jésus attire à lui depuis sa naissance :

         ces bergers nomades, voleurs et marginaux

          ces migrants venus des pays de l’Est, même si ce sont des mages venus d’Orient…

 

Oui, je peux prendre place parmi ces disciples,

          si je reconnais que, comme eux, je suis béni,

          c’est-à-dire qu’on dit du bien de moi et qu’on me fait du bien…

Béni parce que je reconnais que je suis pauvre,

         et que je suis enrichi par le Christ Jésus et ses disciples qui se font mes prochains.

Béni parce que je reconnais que je pleure,

          affligé par la solitude, le deuil, la douleur de la maladie,

           et que je suis consolé par le Christ Jésus et ses disciples qui se font mes prochains.

Béni parce que je suis doux, non violent

          et que je reçois la force placide du Christ Jésus

          et de ses disciples qui se font mes prochains.

Béni parce que j’ai faim et soif de justice,

          et que je suis rassasié par le Christ Jésus et ses disciples qui se font mes prochains.

Béni parce que je suis miséricordieux,

         que je pardonne à l’autre ce qu’il est et le mal qu’il me fait ou m’a fait,

          pour que triomphe en lui le bien qu’il est appelé à faire,

          et que je suis pardonné, redonné à moi-même,

          par le Christ Jésus et ses disciples qui se font mes prochains.

Béni parce que j’ai le cœur pur

          et que je suis purifié de ce qui est faux, biaisé, tordu en mon cœur,

         purifié par le Christ Jésus et ses disciples qui se font mes prochains.

Béni parce que je suis artisan de paix, pacifiant,

         et que je suis apaisé par le Christ Jésus et ses disciples qui se font mes prochains.

Béni parce que je suis traité, moqué, insulté, calomnié, peut-être persécuté

          à cause du Christ et comme lui…

 

C’est parce que je suis ainsi béni

         que surgissent en moi le désir et la force

          de bénir toute personne rencontrée,

          de partager ce que j’ai reçu…>

 

A cela nous reconnaissons que nous sommes disciples,

          que la joie du Ressuscité nous console,

          nous tire de la nuit et de la grisaille,

          et que nous devenons apôtres, envoyés, missionnaires,

          pour être témoins de la grâce, de la joie profonde reçue,

          pour soutenir ceux qui peinent sous le poids du fardeau quotidien…

Missionnaires, témoins de la joie pascale,

          mais qui n’oublient jamais de rester disciples,

          en se ressourçant auprès du Christ Jésus,

          dans sa parole, dans son pardon et dans son pain…

Lui qui ne nous demande rien qu’il n’ait été ou fait auparavant pour nous.

Lui qui s’est fait pauvre, sans endroit où reposer la tête,

          et qui attendait tout de son Père.

Lui qui s’est fait doux et humble de cœur pour alléger nos fardeaux

          et les porter avec nous sous un même joug.

Lui qui a pleuré sur Jérusalem et sur son ami mort Lazare.

Lui qui a eu faim et soif de justice et qui a été justifié sur la croix par le centurion.

Lui qui a pardonné à tous, y compris à Judas qu’il appelle « Mon ami ».

Lui qui a eu le cœur pur, voyant en tout visage l’empreinte de son Père.

Lui qui a été artisan de paix en détruisant le mur de la haine

          qui séparait les juifs et les païens.

Lui qui, bien que persécuté, s’est réjoui d’une joie grave et profonde,

          que nul n’a pu lui ravir.

Images de Dieu,

bénis et invités à bénir,

heureux et invités à rendre heureux,

sans cesse ressourcés à l’amour du Père par l’Esprit du Crucifié Ressuscité,

avec confiance et dynamisme :

telle est notre vocation personnelle et ecclésiale.

Alors, prenons la route des Béatitudes,

dans les lumières et les réussites,

dans les échecs et dans les nuits

de notre simple quotidien.

Jacques Gebel sj