28ème dimanche du Temps ordinaire – Année A – 11 octobre 2026
28ème dimanche du Temps ordinaire – Année A – 11 octobre 2026
Lectures : 1ère lecture : Is 25, 6-10a ; Psaume 22 ; 2ème lecture : Ph 4, 12-14.19-20 ; Évangile : Mt 22, 1-14
Ça sent les bonnes odeurs de festin presque partout. Mais le dernier repas et le roi n’ont pas l’air drôle ! Avec Isaïe on commence mal, en état d’asservissement, mais avec la promesse d’un festin merveilleux où disparaîtra l’humiliation. Avec l’évangile, tout finit bien, dans un repas de noces, sauf que c’est dans une ambiance exécrable. Entre les deux, le Seigneur paraît comme un berger qui apprête la table devant les ennemis. Il n’y a qu’avec Paul que la table est absente. Il faut dire que, comme pour la grande Thérèse, Paul a Dieu et cela lui suffit. Il peut tout en Celui qui le fortifie. Pas besoin de manger. « Je peux tout », ce n’est pas « je suis un caïd, je sais tout faire », mais « en Christ, il m’est donné de traverser toute situation ». Il apprécie cependant l’aide qu’il attendait de Dieu et que les Philippiens lui ont donné par leur solidarité dans son état de manque.
Le peuple élu asservi en Isaïe vit une humiliation. Dans l’évangile l’humiliation est celle du roi, de Dieu, face à un peuple absent aux noces de son fils. Curieuses noces, où les invités n’en font qu’à leur tête et tuent, et où le roi, en pétard, fait périr et incendie la ville des invités. Est-ce une allusion au siège de Jérusalem en 70, où les Romains incendient et détruisent le Temple ? Qu’est-ce qui nous asservit et nous retire des noces ? Parfois le réel est difficile à vraiment accueillir, un usage de l’intelligence artificielle sans limite précise, un monde juridique ou administratif complexe pour exister, une condition humaine climatique ou politique éprouvante. Est-ce là que le roi invite aux noces de son fils ? Je préfère rester à mon champ ou mon commerce.
Les noces du fils de Dieu ont lieu au Golgotha. « Prenez et mangez, ceci est mon corps. Prenez et buvez, ceci est mon sang ». Le tombeau est devenu un tombeau vide, le 3ème jour. Les noces sont accomplies. Des invités sont apparus, l’un après l’autre, qui ont quitté leurs préoccupations. Ils sont entrés dans le baptême du Christ. Ils ont revêtu le Christ, sa manière d’être Fils. Ils ont porté le vêtement de noce, debout, livrés de tout leur être, à la suite du Fils. La table eucharistique les fait traverser l’effondrement de Jérusalem et nos aveuglements. Elle les conduit à fraterniser entre eux, à la suite du Berger d’une magnifique humanité.
Olivier de Framond, sj


