4ème dimanche de Pâques

Homélie : 4ème dimanche de Pâques- année A – 3 mai 2020

Lectures : Ac 2, 14a.36-41       Ps 23        1 P2, 20b-25       Jn 10,1-10

                     Si vous avez suivi et écouté les lectures des évangiles de chaque jour de cette semaine (de fait, la semaine passée), vous aurez remarqué que Jésus se présentait et se montrait à maintes reprises comme le Pain de la Vie (Jn 6, 35, 48, 51). A travers les lectures d’aujourd’hui Jésus nous fait comprendre qu’il est non seulement le Pain de la vie qui nous nourrit spirituellement mais aussi et surtout le Pasteur, notre bon pasteur qui protège la vie de ses brebis et aussi qu’il est la Porte de brebis, c’est-à-dire, la porte par laquelle nous entrons dans la vie éternelle de Dieu.

Le bon pasteur :

Le psaume 23 et l’évangile soulignent la relation entre un vrai berger et ses brebis. De fait, le psaume 23 est une sorte de baume de soulagement et un soutien pour ceux et celles qui traversent toutes sortes de craintes, de rancunes, d’amertumes, d’isolements, de déceptions et de dépressions, peut-être, en ce moment de confinement. Pourquoi ? Parce que ce psaume nous invite à nous appuyer, à nous tourner vers et à faire confiance à notre bon pasteur qui prends soins de nous. S’il y a des choses qui vous dérangent terriblement, qui vous assaillent et ôtent la paix et la tranquillité dans votre vie, je vous invite à méditer sur chaque parole, chaque verset de ce psaume qui agira comme un baume sur votre esprit. « Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles » (Ps 23, 1-2).
Ceci étant, dans l’évangile nous sommes tous invités à regarder une bergerie. À travers cette parabole ou cette image, Jésus montre la différence entre le vrai berger et le faux berger, autrement dit, le voleur. Leurs façons d’entrer dans la bergerie et les intentions avec lesquelles ils s’approchent des brebis sont fort soulignées par Jésus.

                     Notons bien, « Celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit » (Jn 10, 1). Un berger par effraction et l’autre par la porte. En fait, ici Jésus s’adresse aux pharisiens, aux chefs religieux des juifs et reprend contre eux les accusations portées par les prophètes à l’égard des mauvais bergers « qui laissent périr et se disperser le troupeau » (Jr 23), « qui se paissent eux-mêmes » (Ez 34). Jésus reproche la conduite égoïste et la maltraitance de ces bergers. Ensuite , Jésus montre qui est le vrai berger , quels sont ses traits et quelle est la relation, surtout l’affinité entre le vrai berger et ses brebis. « Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis…les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir » (Jn 10, 2-3). Notons d’abord que les brebis écoutent sa voix. En d’autres termes, les brebis connaissent et reconnaissent la voix de leur berger. Pourquoi ? parce qu’il les appelle chacune par son nom. Appeler quelqu’un par son nom ici veut dire qu’il y une relation intime, une connaissance personnelle avec cette personne. C’est une relation comparée à une relation amoureuse unique entre bien aimés et bien-aimées. Autrement dit, le vrai pasteur connait toutes ses brebis de manière très personnelle. Il connait leurs cœurs, leur pensées, leurs préoccupations, leurs peurs, leurs peines, leurs besoins et tout ce qu’elles traversent. En d’autres termes, sachez que Jésus notre bon pasteur est au courant de ce que nous traversons en ce moment et ce dont nous avons besoin.

Nous voyons, ensuite dans l’évangile que le berger les fait sortir. L’expression « faire sortir » signifie également une libération hors des murs d’une bergerie souvent devenue prison, comme dans le cas de la femme Samaritaine. En ce moment de confinement, si nous sommes enfermés dans des sentiments d’insécurités, de peurs et de quelconque souci, n’hésitons pas à nous approcher de Jésus, le bon berger, lui seul qui peut nous faire sortir et nous libérer de toutes sortes de chaînes intérieures et nous procurer la vrai paix, tranquillité, le confort et le courage à notre âme.

La Porte pour la vie en abondance

Enfin, nous voyons que Jésus se montre non seulement comme un vrai pasteur mais comme la vraie porte. En d’autres termes, il est à la fois le pasteur et la porte pour notre vie. De manière générale, la porte de n’importe quelle maison a deux fonctions : Elle protège la maison et ensuite elle permet aux gens de pouvoir y entrer. Jésus, le vrai pasteur, d’abord, nous protège comme la porte. Un vrai berger n’hésite pas à risquer, à sacrifier sa vie pour ses brebis. De fait, nous pouvons dire qu’il nous a déjà protégés, sauvés et guéris à travers sa croix comme le souligne la deuxième lecture, « Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes (1 P 2, 24-25).
Quand Jésus dit dans l’évangile, « Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé », il nous rappelle toutes ses affirmations comme, « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14, 6).

Chers frères et sœurs, acceptons et entrons dans la vie en abondance à travers Jésus qui est à la fois notre bon pasteur et la porte principale. Amen.

Ashok Bodhana sj