– Billet d’humeur d’un paroissien

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BILLET D’HUMEUR D’UN PAROISSIEN

Nous sommes encore sous le choc de l’ampleur des révélations du rapport
Sauvé sur la pédocriminalité dans l’Église. Avec l’effroi provoqué par la
souffrance de ces enfants d’autant plus scandaleuse qu’elle vient d’hommes
qui se revendiquent de Dieu. Comment continuer à croire en leur
bienveillance, en leur confiant nos jeunes, quand bien même l’énorme
majorité d’entre eux est innocente ? La prière, la compassion, le remords…
ne peuvent suffire, avec le risque de tourner la page, sans élaborer des
réformes en profondeur. D’ailleurs la condamnation récente du cléricalisme
par le pape a-t-elle faire bouger les lignes ?

L’affaire a l’air mal partie : refus de l’épiscopat de reconnaître sa
responsabilité en tant qu’institution, regrettable intervention sur le secret de la
confession, alors qu’on demande aux musulmans de coïncider avec les lois
de la République. Les pêcheurs ont certes droit à la miséricorde de Dieu,
mais en tant que citoyens doivent répondre de leurs actes devant la justice
des hommes.

Le peuple de Dieu, laïcs, doit « libérer sa parole » et exprimer sa colère, sa
révolte, son dégoût, et l’exigence d’une transformation d’une institution
déviante à maints égards. Comment croire que le malade peut être son
propre médecin ? On ne peut laisser ceux qui ont failli, l’épiscopat ou les
prêtres, seuls décisionnaires, à la manoeuvre pour entreprendre un tel
«aggiornamento ».

L’Église prendra-t-elle la mesure des enjeux pour l’avenir ? Les laïcs doivent
se saisir, sans doute en collaboration avec le clergé, mais non sous sa
dépendance, des propositions d’évolution préconisées par le rapport,
notamment sur la vision de la sacralité, de la sexualité, de la place des
femmes ou des défauts d’une gouvernance qui repose toute entière dans les
mains de l’évêque.

Avec cette tempête l’Église est en train de perdre la stature morale qu’elle
conservait encore chez certains dans notre société laïcisée. Ne savait-on pas
depuis longtemps qu’il y avait des « problèmes », sans rien anticiper ? Il est
bien tard ; il n’est que temps d’agir, avant qu’il ne soit trop tard. Retroussons-nous
les manches… Que l’Esprit nous assiste !