Fête de l’Annonciation – Année C – 25 mars 2025
Fête de l’Annonciation – Année C – 25 mars 2025
Lectures : Is 7, 10-14 ; 8, 10 Ps 39 He 10, 4-10 Lc 1, 26-38
Je vous invite à scruter avec moi ce récit propre à Luc…D’où Saint Luc peut-il le tenir, sinon de Marie elle-même… ?
Dans ce récit, c’est Dieu qui a l’entière initiative, l’initiative de venir au secours de son peuple à la dérive. On est sous l’occupation romaine, sous la toute-puissance de Pilate, la suffisance des Pharisiens, l’hypocrisie d’Hérode, la division d’avec les Samaritains, et toutes les polémiques autour de l’observance de la loi transmise par Moïse… Le monde va mal, et le peuple de Dieu, son peuple chéri, est malmené.
Une femme, une pauvre femme a dû implorer très fort son créateur pour qu’elle s’entende dire : « tu as trouvé grâce auprès de Dieu ». Il y a déjà là une preuve de la pertinence de nos prières de demande.
Mais c’est bien Dieu qui a l’initiative, l’initiative de prendre place parmi son peuple, de prendre chair chez cette humble femme de Galilée, promise à un certain Joseph, charpentier de son état.
Très souvent nous croyons prendre nous-mêmes des initiatives, envisager des actions à mener, entreprendre des démarches de réconciliation ou de médiation, mais si nous y regardons de plus près, nous sommes bien obligés de constater que quelqu’un nous soufflait ce qu’il nous fallait faire ou dire, et que ce quelqu’un nous parlait au nom de Dieu, qu’il en soit conscient ou pas…
Toujours est-il que Marie n’hésite pas une seconde à donner son oui. Simplement elle demande une explication : « comment cela va-t’il se faire ? » Là ou d’autres auraient dit : « c’est impossible ! » Elle demande une lumière, un éclairage… En fait d’éclairage il lui sera donné seulement une promesse : « la puissance du Très Haut te prendra sous son ombre ». Pas très éclairant sans doute, mais suffisant pour elle dans sa foi totale en la miséricorde de Dieu. Nous avons là à nouveau un magnifique exemple de nos prières de demande…
Sans qu’elle l’ait demandé, elle reçoit un signe : sa cousine Elisabeth, celle qu’on disait stérile, est enceinte ! Un signe lointain, extérieur, qui pourrait passer inaperçu, mais dans lequel elle reconnait tout de suite la présence de Dieu ! Combien de fois des signes nous sont offerts, sans que nous sachions les reconnaître comme tels : le sourire d’un enfant, un concours de circonstance heureux, une parole réconfortante, un temps de prière vivifiant…
Marie a alors cette parole extraordinaire qu’elle adresse à l’ange, « qu’il m’arrive selon ta Parole ! » Ce n’est pas simplement un « oui, je veux bien ! », c’est une adhésion totale à la Parole de Dieu transmise par l’Ange, c’est la foi absolue que cette Parole peut donner la vie en elle. Bien avant nous elle a compris que la Parole de Dieu, celle que nous trouvons dans la Bible, celle que nous entendons lue le Dimanche ou méditée dans la prière personnelle, peut engendrer, peut faire naître en nous une décision, une orientation de vie…
Et elle se met en route, pour voler à l’aide de sa cousine Elisabeth. La Parole de Dieu n’a pas seulement comblée son cœur, elle se traduit en acte de charité, de service.
Voila pourquoi la Vierge Marie occupe tant de place dans la prière des croyants. Je vous invite à rester quelques minutes en silence pour contempler celle qui nous dit tant de choses de la vraie prière.