Samedi 2 mai, Jn 6, 60-69, par P. Claude CHARVET s.j.

 

Tu as les paroles de la Vie Éternelle.

*FAUDRAIT ALLER
Si nous allions au bois, les lauriers sont coupés,
La belle que voilà irait les ramasser !
Faudrait aller bien loin après la plaine,
Faudrait aller plus loin que nos sabots,
Nous tresserions alors trois brins de marjolaine
Avec des boutons d’or qui n’ont plus besoin d’eau.
Faudrait aller où ne vont nos sabots !

Dans le petit matin, si nous cherchions des fleurs,
Un bouquet sur sa main éveillerait son coeur !
Faudrait aller plus haut que les collines,
Faudrait aller plus loin que nous chantons !
Nous cueillerions alors le rire et l’aubépine
Au flan du seul décor qui ne craint les tisons.
Faudrait aller où ne vont nos chansons.

A la claire fontaine allons pour nous baigner,
Sur la branche d’un chêne un oiseau s’est posé !
Faudrait aller plus bas que les rivières,
Faudrait aller plus loin que le courant :
Nous trouverions alors de merveilleuses pierres
Au fond des seuls trésors que ne ronge le temps/
Faudrait aller où ne vont les courants !

Si nous marchions par trois comme jolis tambours
C’est la fille du roi qui parlerait d’amour !
Faudrait aller plus loin que les je t’aime,
Faudrait aller où il n’est plus d’amants :
Nous tisserions alors de prodigieux poèmes
Avec les seuls accords que n’emporte le vent.
Faudrait aller où ne vont les amants !

Si nous étions assis aux marches du palais,
Au quatre coins du li(t pervenche fleurirait !
Faudrait aller au creux de chaque peine,
Faudrait aller plus loin que nous pleurons :
Nous goûterions alors plus que la soie, la laine,
Et plus que notre corps qui retourne au limon.
Faudrait aller où les larmes s’en vont !

Paroles et musiques : Didier Rimaud sj
Anges et grillons Cerf 2005