4ème dimanche de Pâques

Homélie du 4ème dimanche de Pâques – année B – 22 avril 2018

 Lectures :   Ac 4, 8-12     Ps 117     1Jn 3, 1-2     Jn 10, 11-18

                    L’évangile de ce jour nous présente Jésus, lui le bon Pasteur et l’Église nous invite à prier pour les vocations.

                    1- Lorsque nous parlons de vocations, spontanément nous pensons aux prêtres et aux religieux. Dans cette représentation, il y aurait des chrétiens qui auraient la vocation et d’autres qui ne l’auraient pas. Est-ce si simple ? Tout l’effort du pape François est de corriger cette manière de penser. Dans ces expressions qui font choc, ces dernières années, il nous a dit qu’il ne voulait plus pour l’Église des personnes qui soient disciples et d’autres qui soient missionnaires mais qu’il ne voulait que des disciples-missionnaires. Maintenant il précise que nous sommes tous appelés à la sainteté alors que nous pensions que certains étaient « saints » alors que la grande majorité des chrétiens ne l’était pas. N’est-ce pas ce que disait déjà St Augustin au 5ème siècle : « Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque ». Ainsi, s’il y a dans les trains, deux classes de passagers, la première classe et la deuxième classe, il n’y a pas deux catégories de chrétiens. Nous sommes tous appelés à la sainteté avec des fonctions diverses dans le monde et dans l’Église puisque nous sommes tous invités à être « disciples-missionnaires ».

                    Oui, Dieu le Père nous aime et il nous veut saints et immaculés sous son regard dans l’amour. En marchant à la suite de Jésus nous n’avons rien à craindre. Jésus n’est pas un mercenaire qui nous tiendrait captifs pour mieux nous dominer. Au contraire, Jésus le bon Pasteur est venu pour que nous ayions la vie, et la vie en abondance. Il est venu pour nous libérer de tout esclavage : de l’égoïsme, de la volonté de puissance, du péché, de tout ce qui opprime l’homme. Il est venu pour nous libérer « du mauvais esprit » qui nous tient captifs, nous aliène et nous opprime intérieurement mais aussi pour nous guérir de tout ce qui freine notre marche à sa suite. Jésus n’a pas craint pour celà de donner sa vie pour nous. Sur la croix il a remis son Esprit au Père.

                    2- L’Esprit Saint nous l’avons reçu à notre baptême, nous ne le voyons pas mais nous en ressentons les effets. Il nous donne paix, joie, sérénité. Il nous ouvre à Dieu, nous tourne vers les autres et nous murmure ce qui plaît à Dieu.

En marchant à la suite de Jésus nous découvrons la voix qui vient de Dieu, du bon berger et celle qui ne vient pas de Dieu. Nous découvrons que ces deux voix n’ont pas la même tonalité et ne tiennent pas le même discours. Par exemple en nous il y a une voix où Dieu me dit : « tu as du prix à mes yeux » et une autre, celle du mauvais qui me dit : « tu ne t’en sortiras pas ». Il y a aussi une voix qui bénit et une autre qui maudit, qui accuse. Mais, courage, nous n’avons rien à craindre, Jésus a vaincu l’accusateur.

A l’école de Jésus, nous apprenons à écouter la voix de Dieu et à rejeter celle qui s’oppose à lui. Vivant dans l’Esprit nous ne sommes plus sous le régime de la loi. Par exemple, parmi les plus anciens nous avons appris qu’il y avait les commandements de Dieu et ceux de l’Église. Nous avons appris qu’être chrétien c’était avoir une vie morale et être tourné vers les autres. Certes tout celà est vrai mais ne suffit pas. Il nous faut passer de la vie morale à la vie dans l’Esprit. Avoir la vocation, c’est mettre en application la voix, venant de Dieu, que nous avons entendue.

3- Vocation vient du mot latin « vocare ». Avoir la vocation c’est entendre l’appel que Dieu me fait et y répondre. Comme nous le rappelle sans cesse le pape François chaque chrétien est appelé à la sainteté et à devenir disciple missionnaire. De notre cœur des questions émergent aussitôt : « Seigneur que veux-tu que je fasse ? Comment veux-tu que je vive ? ». Les chemins sont multiples et les réponses s’adaptent à chacun afin de nous donner ce qui est le meilleur pour nous, pour son Église et pour le monde.

Par exemple,
– Lorsqu’il circulait sur les routes de Palestine, à certains, Jésus disait : « vends tout ce que tu as puis viens et suis-moi ». Ceux là, l’ont suivi sur les routes qu’il a empruntées et ont été appelés à courir le monde. Ils n’avaient pas de maisons mais le monde était leur maison.
– A d’autres, comme Marthe, Marie et Lazare, Jésus les a laissés dans leur maison et chaque fois que Jésus montait à Jérusalem ou en descendait avec ses disciples il s’arrêtait à Béthanie. Il avait chez eux un lieu de halte et de paix.
– A d’autres enfin, Jésus, après les avoir guéris leur à dit : « retourne dans ta maison, auprès des tiens et dis-leur tout ce que j’ai fait pour toi ». Ceux-là, ont gardé leur maison, leur travail, les relations de voisinage. Ils étaient à s’enraciner et à être témoins dans le sol où ils ont été plantés.

                    Aujourd’hui le Seigneur appelle encore selon ces différents modèles. Les Jésuites sont sur le modèle de ceux qui courent le monde, les moines et les moniales sur ceux qui offrent des lieux de paix comme Marthe, Marie et Lazare. La grande majorité des chrétiens sont invités à vivre en communauté de chrétiens et à témoigner dans le monde.

                    Pour le service de ces communautés et du monde dans lequel elles sont insérées, le Seigneur continue à appeler dans la diversité des tâches à accomplir. Il en appelle certains à s’engager dans le monde, à avoir une action dans la société. Il en appelle d’autres à œuvrer à l’intérieur de la communauté chrétienne. Parmi ces derniers, il en appelle certains à être prêtres. Ce dernier appel n’est pas au détriment des autres appels mais il lui est complémentaire. C’est un appel particulier parmi tous les disciples de Jésus

                    En priant aujourd’hui pour les vocations nous sommes tous invités à répondre à l’appel que Dieu nous adresse. Chacun, dans la communauté chrétienne, doit pourvoir trouver sa place et apporter sa part à la construction du corps de l’Église. Nul doute que, dans nos communautés où chacun est appelé par le Seigneur, il ne manquera pas, dans la répartition des services, d’en appeler certains à être prêtres. Prions pour que chacun réponde à l’appel que Dieu lui adresse.

Christian Vivien, sj