14ème dimanche du temps ordinaire – 4 juillet 2021

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Dimanche 4 juillet 2021 – 14ème dimanche du temps ordinaire – Année B

Lectures  :    Ez 2,2-5      Ps 122       2 Co 12,7-10               Mc 6,1-6

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HOMÉLIE

                      En accompagnant ce matin Camille, Louise et Pauline, nous pourrions être tentés d’avoir le même regard que les gens de Nazareth sur Jésus : nous avons vu grandir ces enfants depuis leur naissance,  nous  connaissons bien les parents (Jean-François et Clémence, Jeff et Anne, Olivier et Marie) qui savent bien être présents parmi nous, ils sont à l’éveil à la foi avec Claire Sergeant et tant d’autres enfants…En plus, ils demandent à faire leur première communion : C’est comme s’ils avaient déjà un chemin tout tracé, une belle place dans la communauté…Or, nous avons à laisser nos clichés, nos présupposés qui peuvent les enfermer dans notre peu de foi, comme les personnes de Nazareth qui peuvent réduire Jésus à n’être que le charpentier de la ville, et à son cercle familial : sa maman, ses frères et sœurs…Voilà le drame du manque de foi qui reste à l’extérieur des personnes, qui les fige dans des  préjugés de couleurs de peau, de vêtements ou de professions bien reconnues… Voilà ce qui peut empêcher de grandir en visant ce qui est conforme, « bien sous tous rapports », comme cela s’est toujours fait dans la famille. L’évangéliste Marc note que ce regard réducteur va empêcher Jésus de faire des miracles « il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains » Voilà le malaise de Jésus chez lui, comme s’il ne pouvait déployer ses autres dimensions de prophète, de prêtre et de roi reçues à son baptême… Alors, devant cette amputation de son être profond, Jésus retrouve sa liberté en « parcourant les villages d’alentour en enseignant »

                      Pourtant, dans la synagogue, à la suite de son enseignement, les compatriotes de Jésus « sont frappés d’étonnement » posent deux bonnes questions : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? » Autrement dit, la sagesse et l’autorité de sa parole viennent d’ailleurs, elles ne sont pas transmissibles par ses gènes, mais elles lui sont données par un Donateur, par son Créateur…Et c’est le pas que nous sommes invités à faire les uns et les autres, dans la logique du baptême que vous avez demandé pour Camille, Louise et Pauline quand ils avaient 50 cm. Ils ont entendu « Tu es mon fils bien aimé, tu es ma fille bien aimée, en toi je trouve ma joie ». Ils croient vraiment que c’est une parole performative, qu’ils sont aimés ainsi par Dieu et que chaque jour ils peuvent à leur tour aimer comme ils sont aimés par Dieu. Quand ils viennent à la messe et qu’ils se présentent à la communion, les bras croisés sur la poitrine, pour se faire bénir, ils entendent « Jésus est avec toi. Il te bénit » et leur regard brillant de foi montre bien qu’ils vivent vraiment de cet amour. Et s’ils demandent aujourd’hui de faire leur première communion, c’est une mystérieuse façon de croire que l’amour se donne comme une nourriture, un pain partagé, une présence qui fait grandir, une façon de réaliser « que Jésus est avec nous, tous les jours jusqu’à la fin du monde ». En recevant ce matin le Corps du Christ, nous croyons que Dieu nous « donne aujourd’hui le pain de ce jour » comme nous le demandons dans le Notre Père, mais que nous recevons de lui cette capacité de l’aimer en pensée, en parole et dans toutes nos actions, que le Corps du Christ nous met en communion avec tous les hommes et que nous désirons construire son corps dans le lieu où nous vivons : famille, amis, classe, travail professionnel, hobby…La communion au Corps du Christ nous unit bien au Dieu qui nous crée à son image et nous donne le goût des autres.

                      Mais il y a plus encore : Nous avons chanté « Pardonne-moi Seigneur, je n’ai pas su aimer, pardonne-moi Seigneur, je me suis dérobé. Je ne suis pas resté le gardien de mon frère, pardonne-moi et purifie mon cœur » Faire l’expérience de n’avoir pas su aimer, de nous dérober, de refuser notre frère peut être une blessure très forte qui se réveille très souvent et nous fait douter de nous-même et de Dieu. Or Camille, Louise et Pauline, en recevant le pardon de Dieu dans le sacrement de la réconciliation, ont expérimenté que Jésus vient nous trouver quand nous sommes perdus, égarés, enfermés dans nos violences, que Jésus tient tellement à nous qu’il laisse les 99 brebis de son troupeau pour venir nous rechercher dans nos lieux isolés, sans se lasser il marche et sait nous rejoindre, nous parler pour chasser nos peurs, nous prendre sur ses épaules avec toutes nos blessures et qu’il nous ramène vers les autres, rassemble ses amis comme aujourd’hui pour festoyer et faire la fête « Réjouissez-vous avec moi ». Le pardon qui nous est donné est bien un don parfait que nous recevons avec humilité, avec une confiance renouvelée.

                      Camille, Louise et Pauline, MERCI de renouveler ainsi notre foi en Dieu. Nous avons besoin de vous car c’est en vous voyant si confiants que nous croyons davantage que « le Royaume de Dieu est bien au milieu de nous ».

Claude Charvet sj