2ème dimanche de l’Avent – 6 décembre 2020 –

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Dimanche 6 Décembre – 2ème dimanche de l’Avent — Année B

Lectures  : Is 40,1-5.9-11       Ps 84            2 P 3,8-14                     Mc   1, 1-8

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Homélie:

Le commencement de l’évangile de Marc : un titre qui annonce tout le livre.

Commencement : comme le début du livre de la Genèse : Tout commence, tout est recréé, toute l’histoire du monde peut s’inventer et s’organiser à partir de la personne de Jésus et de son art de vivre : aimer comme il nous a aimés.
Bonne Nouvelle : alors que nous sommes tellement branchés sur les nouvelles par les médias les plus puissants, les plus inventifs, les plus rusés en fausses nouvelles, Marc nous présente une Bonne Nouvelle, la Bonne nouvelle : un homme avec deux titres :

1. Christ, Messie, annoncé par les prophètes, attendu par les gens les plus éveillés, accueilli par les plus pauvres.

2. Fils de Dieu : j’ai à le reconnaitre comme le Fils bien aimé du Père. Le Mal et la mort ne peuvent briser le lien avec son Père. Personne d’autre que moi ne peut croire à ma place, aujourd’hui.
A nous d’entendre sa voix… !

Isaïe et son message de consolation :

Le côté BTP, grands travaux publics : pas seulement la rue de Pessac ou rue François de Sourdis, mais la ligne du TGV qui traverse les montagnes et les collines, les autoroutes dans les sentiers tortueux, les ponts sur les larges fleuves (à quand le pont Simone Weil ?) On peut s’émerveiller de voir les hommes capables de tels grands travaux qui bouleversent autant les paysages… On peut questionner les hommes capables de faire de tels choix financiers et humains au service des grandes villes, délaissant les campagnes, favorisant les automobiles gloûtones en carbone, retenant les étrangers à nos frontières … Paradoxalement, face à ces grands travaux, on doit pourtant rester confiné chez soi, ne pas faire plus de 1 km à pied, 20 km maintenant, prendre soin de soi et des autres en portant un masque, en faisant les gestes barrières…Mais voici que manger à sa faim, trouver un toît pour vivre au sec, finir les fins de mois sans être interdit bancaire, sont des angoisses quotidiennes de plus en plus de gens… On pourrait dire que nous avons négligé, maltraité nos relations avec notre Créateur, avec la Création, avec nos semblables, avec les autres créatures. Comment Isaïe peut-il nous consoler dans ce monde en crise ? « Le Covid 19 peut être le « le moment de Noé » à condition que nous puissions trouver notre chemin vers l’Arche des liens qui nous unissent : l’Arche de l’amour et d’une appartenance commune ». écrit le Pape François . Le temps de l’Avent 2020 peut être aussi ce temps proposé par Dieu, comme au temps de Noé « pour régénérer la société en faisant un retour au respect des limites, à la restriction de la soif effrénée de richesse et de pouvoir, à la prise en compte des pauvres et des marginaux. L’introduction du sabbat et du jubilé, a été la clé de cette régénération, donnant le temps à la terre de renaître, aux pauvres de trouver un nouvel espoir, aux gens de retrouver leur âme. » (Un temps pour changer P ; 29)

La figure de Jean Baptiste propose un vrai changement de mode de vie en passant d’une culture du déchet à une culture du service…Il a le look des prophètes de l’Ancien Testament : poil de chameau, ceinture de cuir, nourriture 100% bio : Il arrive à se faire entendre de toute la Judée, de tous les habitants de Jérusalem, on dirait aujourd’hui des hommes de tous les pays entassés dans les villes. Il arrive à franchir les trois manières de bloquer la connexion avec le réel et l’action de l’Esprit Saint que sont le narcissisme, le découragement et le pessimisme… Jean Baptiste accueille ces citadins au bord du Jourdain, leur propose de reconnaître publiquement leurs péchés, les baptise d’un baptême de conversion. Mais surtout Jean-Baptiste annonce Jésus, « celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint ». Voilà le passage que Jean Baptiste nous fait faire pour passer du baptême de conversion au baptême de filiation : accueillir Jésus, Messie et Fils de Dieu, qui est reconnu par les plus pauvres à la crèche, qui prend sa tenue de serviteur pour laver les pieds de ses disciples et de tout homme. Jésus nous invitera à aimer Dieu comme un Père, à nous recevoir comme son enfant bien-aimé. Il nous proposera de vivre une culture du service et de communication reçue des personnes qui vivent aux frontières de nos sociétés.
Voilà ce qui est à entendre aujourd’hui dans la voix de Jean Baptiste… A nous d’ouvrir nos oreilles et à nous entraider pour avancer vers Noël, pas seul, ensemble avec les plus isolés et les plus en danger.

Claude Charvet sj