33ème dimanche du T. O. – 5ème journée mondiale des pauvres

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Dimanche 14 novembre 2021

5ème journée mondiale des pauvres

Celui qui dépouille quelqu’un de ses vêtements est un pillard. Celui qui laisse les pauvres tout nus alors qu’il peut les vêtir, peut-on l’appeler autrement ? A l’affamé appartient le pain que tu conserves, à l’homme nu appartient le manteau que tu serres dans tes coffres, au clochard la chaussure qui pourrit chez toi, au miséreux l’argent que tu recèles. De la sorte, tu opprimes beaucoup de gens que tu pouvais aider.

(Saint Basile – Homélie contre la richesse)

33ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B

Lectures  :    Dn 12,1-3             Ps 15        He, 10,11-14.18            Mc 13, 24-32

Intro :

Cet avant dernier dimanche du temps ordinaire de l’année liturgique est aussi le jour voulu par le pape François pour être la Journée Mondiale des pauvres.

La conférence Saint Vincent de Paul soutiendra notre prière durant cette messe, spécialement dans la prière universelle.

Mais dès maintenant, écoutons-la !

Homélie :

« Laissez vous instruire par la comparaison du figuier. Quand sortent les feuilles vous savez que l’été est proche. »

Le Christ nous appelle à la vigilance, à l’intelligence des signes, à la compréhension des évènements. Ne nous laissons pas égarer par le style des textes que nous avons entendus. Ils semblent conjugués au futur mais, au temps de Jésus, comme aujourd’hui, ils parlent du présent. Apocalypse signifie « dévoilement », lever le voile sur le fond des choses.

L’Apocalypse c’est aujourd’hui. « Après une grande détresse, les puissances célestes seront ébranlées ». Rien n’est plus stable que le cours des planètes, que la succession des saisons. Or le Christ nous dit : ce sur quoi l’homme fonde ses plus fortes certitudes ne tient pas : « Le ciel et la terre passeront »

Est-ce cela ne nous parle pas d’aujourd’hui ? Ouvrons un journal ; surfons sur internet. Le mot crise est partout. Urgence climatique, crise migratoire en Grèce, en Pologne, à Calais.  Deux heures d’électricité par jour à Beyrouth. Ce serait à 2h d’avion si l’aéroport fonctionnait. Ne parlons ni de la Lybie, ni du Sahel, ni du prix du gaz.

Quand la fin du monde rencontre la fin du mois, la tentation du repli existe. Ma famille, mon clan, ma maison, mon compte en banque.  Les textes du jour nous invitent à plus d’intelligence, plus de discernement, plus de courage et de confiance.

 « Ce sera un temps de détresse comme il n’y en a jamais eu, nous dit le prophète Daniel, mais en ce temps ci ton peuple sera délivré ». Le psaume 15 proclame « Tu ne peux m’abandonner à la mort ». Et c’est vrai. Le Dieu que Jésus nous a appris à nommer Père ne s’est pas retiré de l’histoire des hommes. Dans la barque secouée par la tempête, au milieu d’hommes paralysés de peur, le Christ se lève : « Silence, tais-toi » et il se fit un grand calme.

Ne soyons pas effrayés. Nous ne sommes pas seuls. Pour relever les défis de ce temps, affronter les détresses de ce monde que le Pape François nous invite à ne pas ignorer, nous sommes l’Eglise, la communauté des disciples que  la parole de Jésus rassemble et rend forts.

« Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas »

Amen

Christian Haury sj