6ème dimanche du temps ordinaire

Homélie: 6ème dimanche du Temps Ordinaire- année A – 16 février 2020

Lectures : Si 15, 15-20         Ps 118        1 Co 2,6-10      Mt 5, 17-37

                     Que votre parole soit “oui” si c’est “oui”… La finale de notre évangile fait écho à ce qui se passe dans le sacrement de mariage : “Valentine veux-tu être ma femme ? -Oui . Et toi, Maxime, veux-tu être mon mari ? -Oui”…Ces paroles prononcées font vraiment ce qu’elles disent : ils deviennent vraiment mari et femme; leurs paroles créent une nouvelle cellule de notre société, une alliance où Dieu s’engage avec eux pour toujours. Dieu leur donne son Esprit pour accomplir chaque jour ce “oui”…
Ce choix de dire “oui” est une décision longuement mûrie, qui fait faire l’expérience que je suis créé pour aimer et être aimé, que cet amour (‘j’ai trouvé celui ou celle que mon coeur aime”) me fait rendre grâce à Dieu, respecter profondément ma bien-aimée, me donne le désir de servir Dieu et les hommes…C’est le Fondement des Exercices de Saint Ignace. C’est un choix qui m’invite à regarder comment Jésus, le Fils bien aimé du Père, accomplit cette loi d’amour qui permet d’ancrer son ‘oui’ ou son ‘non’ dans la volonté de son Père.

Trois paroles nous sont confiées aujourd’hui:
1. “Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement” : Si l’ordinateur me fait souvent mettre en colère contre moi-même pour mon incompétence, je me mets souvent en colère avec l’âge contre mes frères et soeurs avec qui je travaille parce que je n’ai pas assez écouté ce qu’ils me disaient et que j’ai mal expliqué ce que je voulais leur faire comprendre… La colère devient alors un échec de communication qu’il va falloir vite reprendre, ne pas jouer à l’autruche, mettre des mots et des gestes pour restaurer la relation blessée… Le pardon et la réconciliation deviennent alors une urgence quotidienne que Jésus nous apprend…”Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons…”

2. “Tu ne commettras pas d’adultère” : la convoitise des yeux ou le besoin de toucher avec la main peuvent demander un long travail de purification quand on na pas fait l’expérience d’être aimé en vérité. Jésus ressuscité se montre bien vivant en appelant “Marie de Magdala ” par son nom et il peut lui dire “non” “ne me retiens pas… mais va trouver les frères…” car elle est envoyée aux apôtres comme première femme ayant vu le ressuscité, une vraie soeur en Jésus.

3. “Je vous dis de ne pas jurer du tout” Quand je me sais aimé en vérité, je n’ai pas besoin d’aller maudire ou bénir mon père ou ma belle-mère : je peux rencontrer toute personne comme un frère ou une soeur qui m’est donné pour ensemble servir.

Notre vie peut vraiment se fonder dans le oui de l’amour de Dieu, dans le refus de céder au Mauvais avec ses bavardages ou ses paroles qui tuent…. Jésus nous dira alors au jugement dernier”: entre dans la joie de mon Père”…

Claude Charvet sj