Texte de l’Abbé Pierre : Vers la rencontre

Texte de l’Abbé Pierre

Ce texte a été lu à la fin de la messe de La Toussaint.

VERS LA RENCONTRE

« La mort, mais c’est comme une rencontre longtemps retardée avec un ami. »

On parle de séparation à propos de la mort. Mais si c’est bien comme cela  que la vivent ceux qui restent, ce n’est pas vrai pour le défunt ! Pour lui, la mort c’est avant tout l’éblouissement d’une rencontre fantastique, au-delà de toute imagination, avec Dieu et avec les milliards d’humains qui ont existé ! Oui, la mort peut-être un merveilleux moment de notre vie.

Je suis convaincu qu’il y a deux choses essentielles dans la vie, deux choses qu’il ne faut surtout pas rater : aimer et mourir.

Je l’ai déjà dit : le partage de l’humanité n’est pas entre les « croyants » et  les « non-croyants ». Il est entre les « suffisants » et les « communiants »,  entre ceux qui se détournent devant la souffrance des autres et ceux qui acceptent de la partager.  Eh bien, certains « croyants »  sont des « suffisants », et certains « incroyants » sont des « communiants ».

La vie éternelle ne commence pas après la mort. Elle commence maintenant, en cette vie, dans le choix que nous faisons chaque jour de se suffire à soi-même ou de communier aux joies et aux peines des autres . Dieu n’aura pas à nous juger. Le jugement, ce sera cet instant de pleine lumière où chacun se verra tel qu’il s’est fait : suffisant ou communiant. L’homme sera, l’homme est déjà, son propre juge.

Ne rêvons pas notre vie : faisons-la. Ne nous payons pas de mots : aimons. Alors, quand nous sortirons enfin des ombres du temps, notre cœur sera tout brûlant parce qu’il s’approchera de la source de tout Amour

Abbé PIERRE