27ème dimanche du temps ordinaire

27ème dimanche du temps ordinaire – année A – 4 octobre 2020

Lectures : Is 5,1-7       Ps 79       Ph 4, 6-9     Mt 21, 33-43

                                  Il va sans dire que notre région Bordeaux est connue pour ses vignobles et ses vignes. Le vin de Bordeaux est célèbre dans le monde. Cela dit, bien souvent nous oublions que tout au long de l’année combien de temps, de travail et de soins sont fournis par le vigneron pour que ses vignes portent de bons raisins. Le désir, le rêve et l’attente naturelle de n’importe quel vigneron c’est que sa vigne porte de bons fruits. Dans la première lecture, nous voyons que Dieu qui se considère comme un vigneron attendait de bons fruits de sa vigne, c’est-à-dire de son peuple, la maison d’Israël (Is 5, 7). Dieu dans son amour et dans son infinie compassion nous protège, nous guide et prend soin de nous, tout au long de notre existence. Mais souvent comme les israélites, il arrive que la plupart des gens produisent de « mauvais raisins ».

Portons du fruit
Le seul désir de Dieu comme le dit le verset après l’acclamation de l’alléluia, c’est qu’Il nous a choisi pour que nous allions et portions du fruit : « C’est moi qui vous ai choisis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, dit le Seigneur » (Jn 15, 16). Nous sommes tous nés pour porter des fruits doux et désirables susceptibles d’apporter le bonheur, la joie à Dieu et à nos voisins.
Même si nous désirons porter de bons fruits, pourquoi n’arrivons-nous pas à le faire ? Pourquoi malgré tous les moyens, toute la technologie, nous nous sentons parfois épuisés, vidés et asséchés intérieurement et spirituellement, incapables de porter les bons fruits attendus par Dieu ? Le problème c’est que nous ne sommes pas assez unis à Dieu quotidiennement. De fait, pour nous ressourcer, nous recharger et pour porter des fruits désirables, il faut d’abord et avant tout, établir notre lien profond avec Dieu et entretenir ce lien en étant en contact avec la source intarissable qui est Dieu lui-même. Si nous nous abreuvons à la source de Dieu et de son Esprit Saint, à travers notre vie de prière, notre écoute de sa parole et de sa voix, nous allons certainement porter des fruits en abondance. Rappelons ce que Jésus dit, « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire »(Jn 15, 5). Celui qui fait confiance à Dieu est « comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert. L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude : il ne manque pas de porter du fruit (Jr 17, 7-8) ». Restons unis à Dieu et portons de bons fruits à travers nos actions et notre vie.

Prenons soin de la vigne
Deuxièmement, nous sommes tous nés pour une mission, pour un but, pour un rêve à remplir et pour porter et produire des fruits savoureux. Rappelons-nous bien qu’une vigne ou un arbre, ne mange jamais ses propres fruits. Les fruits produits sont toujours donnés et mis au service des autres. De même, ceux qui portent des fruits, par exemple, comme les fruits de l’Esprit Saint : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi (Gal 5, 22) » pensent toujours au bien des autres. Ils ne se distancient pas, ne restent pas indifférents, ne se méfient pas des autres qui sont dans la souffrance ou dans le besoin d’aide. En d’autres termes, on peut dire que ceux qui portent des fruits de Dieu prennent également soin de la vigne qui est le peuple de Dieu. Dans notre communauté et dans notre secteur pastoral, soyons vigilants et attentifs surtout aux personnes isolées, malades et souffrantes. Si c’est possible, n’hésitons pas à prendre soin d’elles et à donner un coup de main. Restons une communauté ouverte et bienveillante.

Percevons la présence du Christ et partageons son amour aux autres.
Enfin, dans l’évangile, dans la parabole de la vigne et des vignerons, nous remarquons que Dieu vient vers son peuple de plusieurs façons, à travers ses disciples et ses serviteurs, autrement dit, ses prophètes, pour demander et pour récolter les fruits. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’ Mais les vignerons l’ont vu plutôt comme un héritier, une menace pour eux, mais pas comme le Fils de Dieu. En plus, ils l’ont tué.

                          Chers frères et sœurs, de fait, nous sommes les vignerons dans cette parabole. Chacun de nous a reçu une vigne de Dieu, une mission de Dieu : nos familles, nos communautés, notre travail, notre église, notre environnement. Dieu vient vers nous de plusieurs manières pour nous demander les fruits que nous devons Lui rendre. En tant que ses vignerons, reconnaissons-nous le visage de Dieu qui vient vers nous à travers les autres ? Percevons-nous la présence du Christ dans notre vie et partageons-nous son amour aux autres ? En tant que disciples de Jésus, quels sont les bons raisins, bonnes oeuvres et actions, que nous portons en nous ?

                          Chers frères et sœurs, prions aujourd’hui pour que nous portions de bons fruits, pour que nous prenions soin de la vigne, c’est-à-dire, soin des autres et que finalement nous percevions la présence du Christ et partagions son amour aux autres. Amen.

Ashok BODHANA sj.