28ème dimanche du temps ordinaire

Homélie: Dimanche 28 ème dimanche du temps ordinaire- année C – 13 octobre 2019

Lectures : 2 R 5,14-17   Ps 97   2 Tm 2,8-136   Lc 17,11-19

                    Il n’est pas rare dans notre vie de rencontrer des gestes de générosité et de fraternité pour lesquels nous disons merci, même si la tendance à la courtoisie, à la reconnaissance, à la générosité déserte les attitudes et les comportements que nous impose notre culture individualiste, qui stigmatise et marginalise. L’évangile ce jour nous invite à redécouvrir la place de l’action de grâce et de la supplique dans nos célébrations, à laisser la créature dans un geste d’extrême humilité se prosterner et reconnaître celui qui a livré sa vie pour nous sauver. La prophétie d’Isaïe nous rappelle avec force le drame de la passion à venir. Le désintéressement du monde, son insouciance, face à la souffrance et à la mort du serviteur souffrant : « Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. En fait, c’était nos souffrances qu’il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous pensions qu’il était frappé, meurtri par Dieu » (Isaïe 53,3-4).

                    Allons-nous suivre l’exemple de l’un des lépreux de l’évangile qui fait une entorse à la loi en ne déclarant pas sa guérison à un prêtre, mais qui au contraire fait volte-face et retourne remercier Jésus, image du Père ?

                    Jésus guérit dix lépreux, mais un seul, un samaritain, revient sur ses pas « en glorifiant Dieu à pleine voix ». C’est son action de grâce. Ce que Jésus réalise pour ces lépreux, il le fait à chaque instant pour nous et notre monde. Mais comme les neuf autres lépreux, nous vivons l’instant présent, tellement absorbés par les multiples obligations et tensions de la vie quotidienne, nous oublions celui de qui découle notre être et notre existence. Comment l’inertie des neuf lépreux peut-elle nous interpeller ? Notre vie chrétienne est une constante « Eucharistie », une action de grâce, pour la présence, les merveilles et les interventions de Dieu dans l’histoire des hommes, dans son Eglise, dans nos vies. A la mesure de la sollicitude de Dieu doit correspondre notre gratitude pour ne pas lui faire écran dans l’oisiveté de notre routine. Cet évangile nous invite à nous poser la question de savoir si nous évacuons Dieu de nos préoccupations journalières et si notre relation à Jésus est calquée sur le modèle de l’ingratitude des neuf lépreux. En ce mois missionnaire extraordinaire, dans l’Eglise du Christ qui nous fait revisiter notre baptême comme envoyés en mission dans le monde, reprenons la supplique des dix lépreux : « Jésus maître, prends pitié de nous », Guéris-nous, envoies ton esprit qu’il renouvelle en nous le zèle missionnaire dans le respect des cultures et des situations.

Avec ferveur et foi hâtons vers la table du Seigneur pour célébrer l’eucharistie. Amen !

Patrice Batantou sj