Célébrations , Homélies et Méditations

1er dimanche de Carême – Année A – 22 février 2026

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1er dimanche de Carême – Année A – 22 février 2026

Lectures : Gn 2, 7-9 ; 3, 1-7a    Ps 50    Rm 5, 12-19    Mt 4, 1-11

Les textes bibliques de ce premier dimanche de Carême sont une source inépuisable de découvertes et d’approfondissement de notre foi.

               Les chapitres 2 et 3 du livre de la Genèse nous présentent Dieu comme un artisan fabriquant l’homme avec beaucoup de soin et mettant autour de lui tout ce dont il aurait besoin pour vivre, notamment un autre humain, « isha », Eve, l’os de ses os, la possibilité d’aimer autre que soi-même et d’être aimé. Ce récit, imagé, qui ne prétend nullement à l’historicité, dit des choses infiniment profondes. J’en relève une entre autres : la place du dialogue. Nous avons besoin de parler, de nous parler, pour comprendre qui nous sommes, ce qui peut nous rendre heureux ou malheureux, et comment progresser. Le dialogue se noue d’abord entre Eve et le serpent, un dialogue piégé car le serpent déforme la vérité. Alors que le dialogue en vérité, lui, il fait grandir.

               Avec les fiancés de Notre Dame des Anges qui préparent leur mariage, ils sont une dizaine, nous avons réfléchi à l’importance cruciale du dialogue dans le couple. Nous avons besoin de nous parler, pour comprendre ce qui nous arrive, pour détecter les erreurs possibles, pour nous aimer et nous pardonner. C’est la même chose avec les enfants. Je vois avec grand plaisir comment les animateurs et animatrices du caté, de l’Eveil à la Foi, du MEJ ou des aumôneries ont ce souci de faire parler ceux dont ils ont la charge. C’est en mettant des mots sur ce que l’on voit, ce que l’on comprend, ce que l’on cherche, que la lumière se fait peu à peu. D’ailleurs le récit du livre de la Genèse nous présente Dieu le Père créant le monde en nommant ce qu’il crèe : « Dieu dit… et les choses se font… » La parole est créatrice !

               C’est l’occasion pour nous, tout au long de ce Carême, de veiller à la place que nous accordons au dialogue, le dialogue en couple, en famille, au travail, au sein de la communauté.

               Et puis nous avons entendu le récit des Tentations de Jésus au désert, juste après son Baptême dans le Jourdain. Là aussi il s’agit d’un dialogue, d’un dialogue entre le Tentateur et le Fils de l’Homme, un dialogue dont Jésus sort victorieux et confirmé dans sa mission. Il n’est pas venu pour assouvir sa faim, ni exercer sa puissance, ni adorer d’autres dieux, mais pour partager la Parole de Dieu, une Parole d’amour et de tendresse. Jésus a eu besoin comme nous d’affirmer qui il voulait suivre et servir ! Ses paroles, ses réponses à Satan, disent le chemin qu’il veut prendre. Tout à l’heure, juste après l’homélie, nous dirons nous aussi quel chemin nous voulons prendre : ce sera le Credo.

               On peut s’étonner que Dieu lui-même ait été tenté. N’est-il pas le Tout Puissant ? N’est-ce pas aussi un moyen infiniment délicat de sa part pour montrer qu’il n’a pas fait semblant d’être homme mais qu’il l’a été complètement, jusqu’à être tenté comme chacun de nous, tenté d’adorer d’autres dieux, tenté par la puissance de l’argent ou de la gloire, tenté de fuir la mort ? Là aussi peut-être une orientation pour ce Carême : résister aux tentations qui nous éloigneraient de Lui. Seigneur, ne nous laisse pas entrer en tentation…

                                                                                                                           Georges Cottin, sj